Cituation du mois de février 2020 (Cituation #43) :

« Bon ! Parlons d’autre chose ! Parlons de la situation, tenez ! Sans préciser laquelle ! Si vous le permettez, je vais faire brièvement l’historique de la situation, quelle qu’elle soit ! Il y a quelques mois, souvenez-vous, la situation, pour n’être pas pire que celle d’aujourd’hui, n’en était pas meilleure non plus ! Déjà, nous allions vers la catastrophe et nous le savions. Nous en étions conscients ! »

Raymond Devos, Parler pour ne rien dire, dans Matière à rire, L’intégrale, p. 273, Olivier Orban, 1991.

J’ai retrouvé le texte complet du sketch « Parlez pour ne rien dire » de Raymond Devos. A la suite de « Nous étions conscients ! », il enchaine sur la cituation #28 : « Il ne faudrait pas croire que les responsables d’hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d’aujourd’hui ! » …

Parler de la situation en général, « sans préciser laquelle… » est absurde. Donc drôle… On ne sait plus de quoi on parle. On fait des présupposés sur ce à quoi notre interlocuteur veut faire référence… On essaie tout de même de porter un jugement de valeur… mais sur du vent… Dans ces conditions comment connaitre ou méconnaitre (ignorer…) la situation ?

On ne peut parler de la situation qu’en rapport avec un objet. Il s’agit toujours de la situation de quelque chose ou de quelqu’un. Situation d’un pays, situation familiale, professionnelle d’une personne, même l’expression « situation internationale » fait référence à un contexte donné (qu’il soit économique, diplomatique, écologique ou social, il est sous-entendu).

Une situation n’est qu’une partie de l’état du monde, toujours liée à un contexte, un point de vue, un projet… C’est une des raisons pour laquelle cela n’a pas de sens de parler de la situation tout court !

« Oui, la catastrophe, nous le pensions, était pour demain ! C’est-à-dire qu’en fait elle devrait être pour aujourd’hui. Si mes calculs sont justes. Or, que voyons nous aujourd’hui ? Qu’elle est toujours pour demain ! »

Raymond Devos, Parler pour ne rien dire, Ibidem.

Une réflexion au sujet de « Cituation #43 »

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